Au revoir là-haut

Je n’aime pas suivre les chemins tracés à l’avance et céder à la mode de l’immédiateté. Aussi, je préfère découvrir les livres bien après que les paroles des uns et des autres ont tenté d’épuiser à l’avance mon plaisir de lecture. Il a suffi de deux nuits d’insomnies pour que je lise avec fièvre un roman majuscule. Et que les mots de Pierre Lemaitre continuent de hanter quelques-uns de mes jours.

Au revoir là-haut fait partie de ces livres que je devais rencontrer. Parce que l’histoire racontée est sans fioritures, que les sentiments sont à nu et laissent le cœur et l’esprit à vif. Juste quelques lignes pour vous donner envie de connaître ce grand livre. L’écriture est parfois maladroite après un coup de foudre littéraire, comme lorsque l’on n’ose se confronter à la maîtrise.

L’armistice de 1918 sonne la fin de la Grande guerre. La guerre est finie et pourtant la guerre continue pour ceux qui rentrent enfin chez eux et réapprennent à vivre un quotidien dont ils se sentent souvent absents. Un quotidien où l’on oublie peu à peu les sacrifices faits par ces hommes. Un quotidien où les lendemains déchantent. La France d’après-guerre glorifie ses morts et reste impuissante à aider les survivants.

Et puis il y a l’amitié, comme une planche de salut. L’amitié entre des soldats qui ont partagé le pire et ont parfois eu la vie sauve grâce à l’un de leurs compagnons d’armes. Entre Edouard Péricourt et Albert Maillard naît une amitié-monstre. Sur le champs de bataille, Edouard est blessé, une partie de son visage emporté par un éclat d’obus en sauvant Albert d’une mort certaine, pas tout à fait provoquée par le hasard. Ils rentrent ensemble à Paris où personne ne les attend et tentent de s’organiser pour survivre.

Cette vie d’après-guerre, faite d’expédients et de moments de tourmente, ne fait que commencer. La suite ? Une intrigue crépusculaire où il s’agirait peut-être de vengeance, d’une arnaque aux conséquences insoupçonnées, du commerce de la mort et de la vie qui gagne parfois. Mais il est temps de laisser place à votre envie de lecture et à votre imagination. J’enregistre ce billet. Je suis déjà partie.

PL

 

Au revoir là-haut de Pierre Lemaitre a eu le Prix Goncourt 2013 (éd. Albin Michel). Il est paru en Livre de Poche en mars 2015.

 

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