Contemplation des fleurs

Je me souviens. J’ai juste demandé si je pouvais choisir deux textes. De ceux qui n’étaient pas dans le recueil qu’on me proposait. J’aurais voulu avoir la force de les lire moi-même. Je n’ai pas pu. Je voulais simplement que la vie rompe un peu le silence qui pesait sur ce jour-là.

J’ai cherché dans la bibliothèque le recueil des poèmes d’Apollinaire, comme une évidence. Le choix du deuxième texte était moins facile. Je me suis dit que cela n’avait pas d’importance et puis, j’ai ouvert un livre de Christian Bobin. Un auteur dont je m’étais toujours écartée. Je devais curieusement craindre de le trouver mièvre. Ce jour-là, il m’a simplement paru juste, comme un ami qui serait venu me consoler.

Hier, en flânant un peu au hasard dans une librairie, j’ai vu un de ses recueils de poésie : L’enchantement simple et autres textes. Je l’ai acheté sans le parcourir. Je ne savais pas comment j’allais réagir en lisant ses mots.

Arrivée chez moi, je l’ai entrouvert avec précaution, une ou deux fois. Je suis allée prendre l’air à la fenêtre de ma chambre. Attirée par la douce lumière du soir. Tout était calme. Les voisins partis en week-end, sans doute. Les lilas mauves dans le jardin de la maison d’à-côté, luxuriants, éphémères.

Un peu plus tard, j’ai ouvert le livre, lu deux ou trois phrases et en tournant la page, dans l’apaisement de la nuit qui tombe, ces quelques mots : Cette fraîcheur ressuscitée du lilas devant la fenêtre.

 

 

 

 

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